Les aliments multisensoriels : comme une drogue

Par  |  0 commentaire

Le surpoids et l’obésité sont actuellement des phénomènes très fréquents. Les efforts pour en sortir ne portent pas toujours les fruits escomptés, et ce pour diverses raisons dont l’une des plus déterminantes se trouve être l’addiction ou l’attraction que provoquent certains types d’aliments rassemblés sous le nom d’aliments multisensoriels.

Une alimentation multisensorielle désigne un composé complexe d’aliments où on verra par exemple le sucre et/ou le sel, les matières grasses et une forte température mélangés.  Ces aliments associés constituent de très puissants stimuli.

Ce genre d’habitude alimentaire aurait une forte aptitude à garder le cerveau en activité. Tout comme certaines drogues (la cocaïne et les amphétamines), la combinaison des aliments sucrés, salés et gras favorise l’augmentation du taux de dopamine dans l’organisme et en même temps empêche le cerveau de se contrôler efficacement à la vue de ces aliments. Résultat, une dépendance se crée. Plus la nourriture est multisensorielle plus la dépendance devient forte.

L’industrie alimentaire ayant compris le principe,  elle a donc mis un accent particulier sur la création de plats multisensoriels irrésistibles et attractifs combinant 2 ou 3 de ces stimuli. Bien au-delà, les textures, les saveurs, les odeurs, les couleurs, la température sont associées à la publicité pour offrir au client une belle expérience orosensorielle  afin de le rendre « accro » au plat.

Toutefois ce jeu de l’industrie alimentaire n’est totalement efficace. Il ne l’est que sur les personnes qui :

  • résistent difficilement et perdent le contrôle devant les aliments très savoureux
  • se rassasient avec peine
  • aiment à penser nourriture entre les repas ou anticiper sur les plats à manger.

Ainsi 30 % de personnes en surpoids et 20 % dans la tranche du poids santé seraient vulnérables aux aliments multisensoriels. Ces personnes présenteraient le syndrome de l’hyperalimentation conditionnée, selon le docteur David Kessler.

Leur cerveau retient les souvenirs d’émotions liés à ces aliments et plats, et ils ont constamment envie de les renouveler. Chaque fois que l’expérience est renouvelée, le processus est renforcé et on est plus susceptible de reprendre ces aliments. Le cerveau et les circuits des messages nerveux auront pour ainsi dire fait de l’apprentissage inconscient.

En fin de compte cela rend difficile, presque impossible la perte de poids par les régimes de 30, 60 ou 90 jours. Arriver à faire désapprendre le corps étant hautement difficile. Ce parce que les circuits nerveux acquis n’ont pas été désinstallés et remplacés par d’autres, nouveaux et plus sains. Une fois le régime fini et que l’individu retourne dans son cadre habituel, les anciennes habitudes reviennent et souvent dupliquées.

Poster un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *